Léa, Thibaut et Maloé – Naître ensemble.

Léa fait partie de ces femmes fortes. De celles qu’on dit obstinées, têtues, déterminées à faire ce qu’il faut pour leur bébé.
Thibaut, lui, fait partie de ces hommes qui se sentent père avant même la naissance. Qui attendent leur enfant comme on attend un miracle, avec une joie impatiente et un peu d’appréhension aussi.

Léa et Thibaut, c’est l’histoire d’un duo. D’un couple qui s’équilibre, qui s’écoute, qui avance ensemble. Ils ont préparé l’arrivée de leur bébé comme on prépare un marathon : en s’informant, en anticipant, en se formant. Ils avaient un plan, une carte, une trajectoire.

Et puis, Maloé est arrivé.
Comme souvent, la vie a ajouté ses propres nuances au scénario. Maloé est né plus petit qu’attendu, et cette simple donnée a suffi à chambouler toutes les certitudes. Les protocoles de surveillance se sont enclenchés, les regards se sont faits plus attentifs, plus pressants. Léa, elle, s’est retrouvée au cœur de tout ça, fatiguée, bouleversée, mais toujours droite dans sa volonté de nourrir son bébé.

Dès les premières heures, elle a recueilli son colostrum, patiemment, goutte après goutte, comme on offre le meilleur de soi. Maloé, lui, apprenait à téter. Pas simple au début. Le sein, la bouche, la fatigue — tout demandait du temps, de la confiance.

Et malgré tout, Léa a trouvé son rythme. Son corps a répondu présent. Son lait est monté, Maloé a repris du poids, doucement, sûrement. Une vraie victoire.

Mais dans sa tête, Léa restait sur le qui-vive. Peur que Maloé n’ait pas assez, peur de ne pas suffire. Thibaut veillait, lui. Présent, solide, apaisant. Il compensait là où elle doutait, il portait quand elle fléchissait.

Mon rôle, à ce moment-là, c’était d’accompagner tout ça. Pas seulement un allaitement, mais une transformation. Celle d’une femme qui devient mère, d’un couple qui devient famille. J’ai accompagné Léa dans le lâcher-prise, dans la confiance. Dans ce moment où on apprend que nourrir un bébé, ce n’est pas que du lait — c’est aussi du lien, du repos, du relais.

Après avoir tout observé, tout pesé, nous avons choisi ensemble d’introduire un outil pour que Thibaut puisse nourrir Maloé pendant que Léa dormait un peu. Ce n’était pas une nécessité médicale. C’était un choix réfléchi, temporaire, et surtout respectueux de leur équilibre à eux.

Et c’est ça, l’essentiel : accompagner sans juger, ajuster sans imposer. Trouver ce juste milieu entre la science, le réel, et la vie.

Parce que dans cette histoire, ce qui compte, ce n’est pas la technique.
C’est l’amour, la patience, et ce fil invisible qui relie une mère, un père, et leur tout-petit.

Tendrement,

Maria